le mal ultime

Voix d’Altaride n°6 – Jouer le mal en jdr

Dans cet épisode, nous abordons le thème du mal en jdr avec Benoit, Morgan, Sandra et Xavier. Et plus particulièrement nous nous demandons quel intérêt peut-il bien y avoir à jouer des personnages maléfiques, principalement dans le fauteuil du joueur mais aussi derrière l’écran du meneur de jeu. Le jeu de rôle nous permet d’expérimenter des comportements et des choix que nous ne ferions pas dans la vie, dans un cadre parfaitement sûr et amical. Gardons en tête la phrase de tonton Globo : « Dans la vie j’essaye d’être un mec bien, alors en jdr, jouer un salop ça m’amuse ».

Les Chroniques et les Voix d’Altaride seront présentes à Geekopolis les 23 et 24 mai 2015, ça sera l’occasion d’y fêter nos trois ans tout rond ! N’hésitez pas à nous y rejoindre et guettez les pages facebook des chroniques et des voix des fois qu’il nous viendrait l’envie d’organiser quelquechose pour nos trois ans d’existence !

N’hésitez pas nous laisser des commentaires, à nous envoyer des emails et à nous poser des questions pour que nous y répondions dans des émissions ultérieures.

Références
Jeux évoqués : Necessary Evil (Savage Worlds), Monostatos, Nobilis, Starwars, Vampire, James Bond et bien évidemment Donjons et Dragons.
Richard Boleslavsky – Acting + Lee Strasberg – A Dream of Passion (Actors’ Studio)
Christopher Berry-Dee – Talking With Serial Killers

Coups de coeur / Coups de gueule
Sandra : Saccage du Hellfest, la femme au cinéma
Xavier : Démocratie, hasard et mutation
Morgan : The last unicorn et Nightwish
Benoit : Le bénévolat
Julien : Nobilis is an astronaut et le blog d’Alias

Chronologie
00:00 Introduction et mise à jour
00:06 Début de la discussion à propos de jouer le mal en jdr
01:23 Coups de coeur / coups de gueule
01:45 Geekopolis !
01:49 Point Godwin : the musical (extrait)

8 commentaires

  1. Bon je suis loin d’être un spécialiste de DD, mais je vais revenir sur les nuances du mal qui sont proposées par le système d’alignement (tel que je le comprend)

    Comme vous l’avez dit, le joueur va souvent propre un alignement chaotique, plus que mauvais parce que ça justifie une approche égoïste, un moyen de protéger son perso du piège de mj bien connu, présenter des braves gens qui sont dans l’embarras et faire appel au bon fond des pjs pour les aider. Pouf le scénar est lancé. Avec le chaotique, faut monter les enchères, mais normalement il finit par suivre.

    Le chaotique bon, veut le bien, mais ne veut pas qu’on lui dise comment le faire, parce que la liberté de chacun prime sur tout. Le chaotique neutre ne pense vraiment qu’à lui, refuse les cadres, la régularité et ses comportements imprévisibles ne lui donne aucune fiabilité sur la durée (difficile à inclure dans un groupe, genre un Ravnos à Vampire)

    Le chaotique mauvais, là, on a notre agent du mal, notre tueur-violeur-corrupteur, mais c’est du mal spontané, imprévu, non organisé. Si plusieurs d’entre eux s’associent, c’est le plus fort ou le plus malin qui règne, jusqu’à son moindre moment de faiblesse où il se fera bouffer par le suivant dans la chaîne alimentaire (qui veut du Joker dans son groupe, ou de plusieurs?). Je trouve ça assimilable à un fou, et en ce sens, c’est un peu “facile”, y a pas à légitimer, c’est de l’impulsion. Ca peut faire de bonnes choses, mais ça va être sacrément rare.

    Le loyal mauvais, lui, est plus respectueux, de son code, de la tradition, de sa parole. Il torture pas par plaisir mais parce que c’est ce qui marche le mieux pour faire parler. Il a une discipline, même si celle-ci veut dire qu’il ne voit pas de problèmes à exploiter les failles du système (gruger les impôts, profiter du droit de cuissage), et à considérer que ceux qui se font avoir par le système sont des faibles qui n’ont pas le droit de se plaindre et qu’on ira certainement pas aider.. En fait, c’est un peu comme un homme politique intègre (oui je sais, ça existe pas, mais on parle de fantasy là), et on peut dealer avec lui sur une base régulière quand on a compris les limites. Le seul problème c’est qu’il aidera pas les villageois contre les gobelins, donc il ne remplit pas le contrat social implicite d’une table lambda. Maintenant, inséré dans un cadre character centered ou sandbox, je vois là un personnage intéressant, intégrable, qui crée du conflit moral, etc…

    Le neutre mauvais, ou raclure de bidet, fera tout et n’importe quoi pour atteindre ses objectifs avec ce petit côté “je m’arrête juste à la limite pour pas me faire gauler”. Il s’allie à n’importe qui, adore s’en prendre aux plus faibles, ment comme il respire, et il s’étale progressivement. Un peu comme une baignoire de mal rampant qui déborde petit à petit et se répand dans les fissures, glisse sous la porte, essaye inlassablement de grandir au détriment d’autrui. Il n’a pas l’excuse de la folie, et il n’a aucune noblesse, c’est le gobelin.

    Le slip du mal
    Pour les super héros, en dehors de Necessary evil, je pense à 2 jeux qui propose de jouer des pas gentils, avec beaucoup de choix moraux.
    Wicked Heroes: Children of the Mirror, un petit jeu de John wick. Le miroir d’obsidienne vous a donné un pouvoir et une malédiction (genre haine, désir, peur etc…) et si vous tuez un collègue, vous ajoutez son pouvoir au votre, et vous prenez sa malédiction à la place de la votre. En marge de ça le perso a des motivations, bonnes ou mauvaises, mais les malédictions, en tant que pulsions négatives, vont forcément se mêler à la vie du perso, et leur impact va être de plus en plus grand et quasi forcément mauvais (cloîtrer/lobotomiser l’objet de son désir, incarcérer ou détruire l’objet de sa peur, etc…)

    Better angels de Greg Stolze qui utilise le One Roll Engine. On y joue des humains a qui un démon cause et fournit des pouvoirs, et cette origine est commune à tous les super-vilains (tandis que les super héros sont habités par des anges). Dans la grande tradition, quasi certainement lancée par Wraith, le démon est interprété par un autre joueur.
    Et le démon veut que l’on fasse le mal en échange des pouvoirs qu’il donne, mais l’écouter, c’est aussi finir très vite en enfer. Il faut donc faire le mal pour contenter le démon, mais pas trop non plus… c’est comme ça que des vilains se retrouvent à faire le maaaaal à base de plans tordus, de génies du mal égocentriques. Il y a une sorte d’échelle de péchés et les caracs des persos sont des stratégies et des tactiques vertueuses ou sinistres.

    J’en profite pour une parenthèse comics. Dans un esprit proche de Better Angels, Superior de Mark Millar vient de sortir en intégrale, ou comment un gamin malade se voit donner l’équivalent des pouvoirs de Superman. Pas inoubliable mais sympathique.

    Dans les comics DC des derniers mois, on a pas mal de thématiques sur le vilain qui veut faire une certaine catégorie de mal, le gentil qui voulait le bien et qui finit par faire le mal, etc…

    Injustice: C’est le cadre du jeu vidéo du même nom. Le Joker manipule Superman et le fait tuer plein de gens dont une Loïs enceinte. Superman tue le Joker. Les héros changent de méthode et en ont marre d’être seulement réactifs par rapport aux problèmes.

    Forever evil: les grands méchants débarquent. Comme ils viennent d’une terre parallèle, ils sont l’équivalent de nos grands gentils. Après les avoir battus, ils assemblent tous les méchants de la planète pour s’occuper des gentils qui restent. Mais tous les méchants ne veulent pas faire partie de ce groupe (exemple, les lascars, ennemis de Flash, qui ne tuent pas), du coup il y a les gros méchants, les méchants méchants et les gentils méchants et sûrement même des méchants gentils. Vous me suivez ?

    Earth 2: là, les grands gentils sont morts pour repousser les grands méchants. Du coup les nouveaux gentils n’ont pas le même référentiel, le même entourage que d’habitude pour débuter leur carrière, pour s’associer spontanément en équipe de justiciers. Et on a bien sur le gars super intelligent qui semble faire le mal pour le bien du plus grand nombre.

    Fin de la parenthèse comics, je termine sur une pointe de côté obscur, en mentionnant Paladin, jeu sans univers fixe qui propose de jouer des persos dotés de ressources lumineuses et ténébreuses, oeuvrant au sein d’un même ordre (et devinez quoi, le côté Sombre est bien tentant). Si ça vous rappelle Star Wars, c’est fait pour, mais ça permet de varier un peu l’approche du thème.
    Traduit en français par le Grumph http://legrumph.org/SP/JeuxCompletsLG/Paladin.pdf et utilisé pour Tenebrae des XII singes, mais ils ont édulcoré l’impact négatif du Côté obscur je crois

  2. Merci pour le coup de cœur!

    Ça m’amuse que ce soit en même temps qu’un coup de cœur pour Nobilis, dont j’ai assuré la mise en page, autant pour la 2e édition française que pour la 3e édition US. 😉

  3. Je pense que Xavier s’égare pas mal en pensant que le bien mal soit un système purement manichéen: un méchant est un salaud qui torture à tout va.
    Hors, on est tous d’accord pour dire que Palpatine (Star Wars) est un gros méchant en étant le seigneur Sith ultime, hors, la seul personne qu’il torture mentalement est Anakin pour l’avoir à son service et contrôler la Galaxie point, rien de plus. Et c’est le grand méchant de l’histoire. Pour moi Dark Vador ne deviens jamais un Sith, c’est juste un Jedi égarer qui s’est perdu.

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